Mon regard se porte à nouveau sur cette vieille photo trouvée dans l’appartement inhabité. Le groupe fait face à Suzanne, l’opératrice, la seule de la famille à posséder en cette fin des années quarante le Kodak magique. L’oncle Raymond est assis et son bras gauche repose sur l’épaule du gamin de huit ans que je suis alors. Je l’aime bien l’oncle Raymond ; il est dans les Chemins de Fer et cela lui confère une considération que je mets sans cesse à profit en lui posant mille questions sur le pourquoi des choses. Il me répond « Eh bien…. » et se lance alors dans une explication qu’il ponctue de temps en temps d ‘un « Comprends-tu ? » qui me ravit. Cette inversion du sujet lui confère une auréole que je n’accorde guère aux autres membres de mon entourage : ils communiquent, eux, dans un français mâtiné d’espagnol, la langue de mes aïeux. Je retrouve avec émotion le visage rieur de mon père. Son aménité, ses bons mots, ses yeux gris-bleus aux longs cils en avaient troublé plus d’une ! La prude et rougissante Cécile fut
Elle porte une robe légère, fruit sans doute de ses travaux d’aiguille. La ceinture souligne une taille qui a un peu perdu de sa sveltesse depuis la naissance de ma sœur. Cette dernière, casquette du grand-père juchée sur la tête, est bien trop occupée par le manège des bestioles pour regarder ailleurs que par terre. Le grand-père et la grand-mère complètent à droite le tableau passé à