Quant aux « grands », il leur fallait ouvrir les chantiers de fabrication des « lunes » des « étoiles » et autres « morues » suivant la forme donnée à l’engin. L’élément commun était simple : un roseau fendu en deux ; le papier, la colle et le fil témoignaient, eux, des possibilités financières. Les démunis, dont j’étais, utilisaient le papier bleu destiné à la couverture des livres au lieu du si léger et si cher papier cristal. Faute de gomme arabique, la colle s’obtenait simplement en mélangeant de la farine et de l’eau. Mais la pâte devait être épaisse pour coller et lors des compétitions, elle handicapait le cerf-volant en l’alourdissant ! Le fil qui reliait l’artéfact à la main de son possesseur devait résister à la force du vent tout en étant le plus long et le plus ténu possible. On ne saura jamais combien de cerfs-volants, objet de tant de soins, sombrèrent depuis le plus haut des cieux, irrémédiablement perdus à des kilomètres, pour avoir lésiné sur la qualité de la ficelle ! Tournez la page